dimanche 2 novembre 2008

La médiathèque de Hautepierre, "la plus touchée" par l'ouverture d'André Malraux


Aucun chiffre officiel n'est encore paru. Mais d'après Véronique Crozet, directrice de la médiathèque adulte de Hautepierre, c'est son établissement qui est le plus touché à Strasbourg par l'ouverture de la médiathèque André Malraux. Un mois et demi après l'inauguration de la grande médiathèque, les employés de Hautepierre ont constaté une baisse réelle de la fréquentation.
« Notre médiathèque située maille Irène ne dispose que d'une section adulte, explique Véronique Crozet. Notre public est plus mobile que les jeunes et les collections d'André Malraux sont beaucoup plus fournies que les nôtres. Cette baisse de fréquentation est donc logique. Le personnel de Hautepierre a largement encouragé nos lecteurs à aller à André Malraux. Moi-même, en tant que lectrice, j'irai à la grande médiathèque ! »

« Nous enseignons à apprendre »

Henri Jeanmaire a choisi de s’engager auprès des enfants de Hautepierre, par le biais de l’association ABC Hautepierre. Comme une trentaine d’autres bénévoles, il s'occupe de l'accompagnement scolaire à domicile.

Les écoles élémentaires de Hautepierre établissent une liste d'élèves ayant des difficultés. Ensuite, l'association ABC Hautepierre essaie de trouver un bénévole par famille qui s'engagera pour un an au minimum.
Celui-ci coordonne le plan de travail avec les enseignants et fait le bilan de l'année avec eux. Le but : donner confiance à l'enfant, lui fournir de bonnes méthodes de travail et l'amener à maîtriser les bases du primaire.
Henri Jeanmaire est médecin à la retraite et a rejoint l'association en janvier 2006. Un homme calme qui ne compte pas sa peine : il se rend chaque semaine à Hautepierre pour aider un jeune turc de 8 ans, lui offre des livres et l'emmène même au cinéma.

Le bilinguisme, un problème pour beaucoup

Après les vacances, il aura un nouvel enfant à soutenir, qu’il ne connaît pas encore. Avant de le rencontrer, il doit discuter avec son enseignante de la maille Jacqueline. « Les enfants ont du mal à se mettre à la lecture ou au calcul. Je les aide à s'organiser, à faire leur cartable. Je veille à ce qu'ils aient une place appropriée pour travailler », explique Henri Jeanmaire. Il précise qu'un parent doit toujours être présent lors de ces rencontres, et que se rendre au domicile de l'élève est important pour mieux cerner les problèmes liés à son environnement. « Le bilinguisme est un problème récurrent. Les parents ne parlent pas le français, certaines mères n'ont jamais été scolarisées. Les enfants normaux n’ont pas trop de difficulté, mais ma femme avait en charge une jeune nigérienne. Personne ne parlait français à la maison, et elle avait un QI faible. Ces enfants ont beaucoup de mal à s’en sortir. »Henri Jeanmaire n'habite pas Hautepierre. « Nous avons du mal à trouver des bénévoles qui acceptent d'aller dans ce quartier dit sensible. Beaucoup ont peur d'être agressés ou de voir leur voiture brûlée. Moi, en deux ans, je n'ai jamais eu de soucis. »

Pour le bénévole, grandir à Hautepierre n'est pas facile, et cela joue sur la réussite scolaire. « Quand un enfant voit que ses aînés n'ont pas trouvé de travail malgré leurs diplômes, ils sont découragés, les parents, désabusés. Ils se sentent rejetés. Alors voir que quelqu'un leur consacre du temps, rien que ça, ça les aide. » L'association ABC Hautepierre veut aussi comprendre pourquoi l'enfant est en difficulté. « Sur les deux heures hebdomadaire, nous ne faisons pas que du travail scolaire, nous discutons beaucoup. Mon rôle est d'éveiller l'intérêt de l'enfant. »Henri Jeanmaire essaye d'apporter des bases du calcul et de lecture, et de l'intéresser au monde. « On ne sait pas ce que l'enfant aurait fait sans nous. Si on lui a vraiment apporté quelque chose. Ce qui est sûr, c'est qu'on a élargi sa vision du possible. »

Anette Bender - Stéphanie Goutte

mercredi 29 octobre 2008

Vivre le gospel

High Rock Gospel Singers est une chorale, affiliée à la paroisse protestante de Hautepierre, qui regroupe une vingtaine de jeunes de 16 à 30 ans. Pendant deux jours, six d'entre eux ont initié des enfants au gospel. Tarif: 15 euros le stage. Objectif des choristes: financer leur voyage à la Nouvelle Orléans en 2010.

Mayiha-Ta Nguidjoe, d'origine africaine, est arrivé au gospel, ce chant religieux chrétien et d'espoir, en s'intéressant à l'histoire de l'esclavage. Avec ses amis africains ou français Alfred, Johan, Maura, Sélia et Kwami, Mayiha-Ta Nguidjoe rêve de partir au pays du gospel, du jazz et du blues. Le projet est à l'état d'ébauche: « Nous essayons d’avoir des contacts là-bas. » Mais ses promoteurs débordent de généreuses intentions: « Nous voulons participer à la reconstruction de maisons détruites lors de l'ouragan Katrina en 2005. »

Avec les enfants, âgés de 5 à 13 ans, les animateurs travaillent sur l’histoire du gospel - le sud esclavagiste, le travail dans les champs de coton -, la danse, le chant et l’expression théâtrale. Les jeunes stagiaires sont chrétiens ou musulmans. « Nous voulons lancer un signal contre la violence à Hautepierre ou ailleurs et inviter les enfants à les adultes présents dans le quartier », raconte Kwami Setodzo.
Pour ceux qui veulent à leur tour s’initier au gospel le prochain stage est prévu pendant les vacances de février. Il sera éventuellement ouvert aussi aux adultes.


Anette Bender et Adrien Potocnjak-Vaillant

Prochain concert des High Rock Gospel Singers le 29 novembre à 20 h 30 à Pfaffenhofen

High Rock Gospel Singers

Gospelkids

mardi 28 octobre 2008

Hautepierre : la carte


Agrandir le plan

En rouge, les immeubles qui devraient être détruits lors de la réalisation du projet ANRU.