jeudi 6 novembre 2008

Les jeunes se mettent aux dames


Mardi après-midi, l’association Animation Médiation Insertion proposait un tournoi de dames pour les enfants, dans ses locaux situés place Erasme, dans la maille Eléonore. Une vingtaine de participants, âgés de 7 à 13 ans, se sont affrontés sur l'unique plateau de jeu de la salle. Fouad, animateur de l’AMI, faisait office d’arbitre. Sandy, la seule fille du tournoi, n’a pas démérité : elle participera aux quarts de finale prévus le lendemain !

mercredi 5 novembre 2008

Zone franche : 200 nouveaux emplois avant 2010

Deux bâtiments se construisent en ce moment rue Alfred de Vigny, dans le voisinage immédiat du centre hospitalier. Quatre autres vont suivre.





Ces no
uvelles entreprises voient le jour dans le cadre d'un projet de zone franche urbaine lancé en 2005 par la SERS (Société d'Aménagement et d'Equipement de la Région de Strasbourg) et la CUS. Initialement, ce projet comportait trois zones franches, une à la maille Brigitte, la seconde à Eleonore et la dernière rue Alfred de Vigny. Seules, les parcelles de cette dernière zone ont été vendues. Les deux autres tombant dans le projet de rénovation urbaine ANRU. "Nous avons vendu six parcelles à cinq entreprises différentes" indique Cécile Cloirec, chargée du projet à la SERS. "Tous les permis de construire sont signés. A terme, cette zone franche créera 200 nouveaux emplois à Hautepierre."
Deux projets programmés pour 2009 sont en cours de construction. L'entreprise de chauffage Schierer Jung quitte ses locaux du centre-ville devenus trop exigus, et Adj Aska y construit une usine de transformation de résine de synthèse.

Adrien Potocnjak-Vaillant - Stéphanie Goutte

Un médecin « Made in Hautepierre »



Médecin urgentiste et conseiller municipal, le parcours de cet iranien d'origine détonne dans un quartier où les longues études sont l'exception.

Syamak Aghababaï arrive en retard. S’installe et instantanément commande un “chilien”. C’est qu’entre son métier de médecin urgentiste - de 50 à 70 heures par semaine -, son mandat municipal et son engagement pour la candidature de Benoit Hamon au poste de premier secrétaire du PS, son temps libre est devenu une denrée rare. « Mais là c’est particulier, c’est parce qu’il y a le congrès qui arrive », tente-t-il de relativiser.
Petit, brun, trapu, dynamique, il pourrait être pris pour un latino-américain. Ce qui rend son parcours exceptionnel, c’est qu’il vit depuis 20 ans à Hautepierre. « C’est un quartier où il fait bon vivre, l’air est bon à respirer, il y a beaucoup d’espaces verts, » dit-il. La voiture de ses parents a tout de même été brûlée deux fois, les vitres cassées quatre fois. Lui-même n’a jamais eu de problèmes. « Une fois qu’on est connu, on est accepté. Mon intégration s’est faite surtout à travers mon frère, qui a été plus présent sur le quartier.»
Il est arrivé d’Iran à 12 ans dans les bagages de ses parents, qui ont choisi la France pour les “meilleures conditions d’études" qu’elle offrait à leurs enfants. Son frère est cadre à la SNCF, sa soeur juriste au Conseil de l’Europe. Les débuts des Aghababaï en France ont pourtant été difficiles. A cinq dans un studio, parents et enfants distribuaient les tracts publicitaires, “250 000 par semaine”, pour s’acheter une maison. De là, une famille soudée et une vraie culture du travail.

« Sans mes parents... »

S'il défend “sa fierté” d’avoir réussi en venant d’Hautepierre, il est conscient d’être privilégie par rapport à la majorité du quartier. Il est allé au collège à Koenigshoffen, puis au lycée des Pontonniers. Puis le “conditionnement” de sa grand-mère a porté ses fruits ; il s’est tourné vers la médecine. Alors, entre le temps à la bibliothèque et son engagement à l’Unef, l’essentiel de sa vie s’est fait hors du quartier.
Son positionnement à l’aile gauche du parti prend ses sources à Hautepierre. « Je n’oublie pas d’où je viens. Je suis en politique pour défendre ces gens-là. Le PS ne peut pas ne pas les défendre. » Il connait très peu d’autres étudiants du quartier qui ont réussi. « Le salaire moyen à Hautepierre est de 790 euros. Il n’y a pas de miracle. Le rôle des parents est prépondérant. » L’occasion de rendre hommage aux siens. « Sans leur insistance, je n’aurais pas fait ces études là. » Il passe un jour au centre-ville, l’autre à Hautepierre. « Là-bas, l’hôpital a un rôle de dispensaire, les gens viennent en consultation. Parfois les gens viennent me voir parce qu’ils me connaissent. » Pour Payam, son petit frère, Syamak est reconnu « de par son engagement. Quand il était interne, il a été infirmier à la prison de l’Elsau, notamment. » Alors, bien sûr, « il n’a pas passé sa vie au quartier. Mais ce n’est pas parce qu’il n’a pas tenu les tours qu’il n’est pas respecté. »

Anette Bender - Adrien Potocnjak-Vaillant

mardi 4 novembre 2008

Un jardin au coeur de la maille

Hier terrain de décharge, aujourd'hui lieu de rencontres. C'est au cœur de la maille Eléonore que l'association Jardins de nos rêves a implanté le premier jardin participatif de Strasbourg. Depuis quatre ans, choux, oeillets et autres plantations y poussent sous l'œil des habitants ravis.

« Au début, personne ne croyait en ce projet. Ni la Ville qui avait lancé l'idée, ni les habitants qui avaient peur des dégradations », explique Eve Kayser, secrétaire de l'association Jardins de nos rêves. Pourtant, le premier jardin participatif de Strasbourg naît en 2004, au cœur de la maille Eléonore, sur un terrain qui servait jusque-là de décharge pour les employés municipaux des espaces verts. De réunions publiques en porte-à-porte, il a fallu convaincre les résidents du quartier. « Ça a pris deux ans pour qu'ils s'impliquent vraiment, poursuit Pierre Raule, président de l'association. Les débuts étaient folkloriques : on plantait un bâton, ils l'arrachaient, on le replantait et au bout d'un moment, ils en ont eu marre. Le jardin était accepté! »

550 m² de jardin à se partager

Aujourd'hui, une trentaine de familles se partagent les 33 parcelles de quatre mètres carrés et décident de ce qu'ils y plantent. Les autres habitants du quartier participent grâce aux parcelles communes. Tous peuvent venir discuter autour de la table installée près des iris. Enfants et parents se sont appropriés l'espace. Chacun le rêve à sa façon. L'une a commencé l'installation d'une tente marocaine sur sa parcelle, un habitant handicapé a réalisé un nain de jardin en matériaux de récupération, tous deux aidés par une artiste plasticienne et un comédien. Un projet de CD sur ces rêves de jardins racontés par les résidents d'Eléonore est en cours.

Maille Jacqueline, les habitants s'apprêtent à se lancer dans l'aventure. Un jardin qui sera à l’image de leurs propres désirs : ils envisagent déjà un espace zen.

Amandine Schmitt - Anaëlle Penche

« Hautepierre mérite de vivre »


Martine Marchal vit à Hautepierre depuis 25 ans. L’immeuble qu’elle habite sera probablement rasé: pour elle, l’occasion de partir. Elle défend son quartier et sa diversité, tout en attendant de ses habitants plus d’engagement.

Depuis 25 ans, Martine Marchal habite dans le quartier. Dans la maille Karine, puis au sein de la maille Jacqueline, dans un F4, au 27, boulevard Dostoïevski. Un des immeubles qui sera détruit si le projet ANRU voit le jour. Une initiative que Martine Marchal soutient. « Mais que la municipalité n’ait pas envoyé une lettre officielle aux habitants concernés, c’est inadmissible. Après, une réunion publique a eu lieu, si les gens n’y vont pas... ».

Malgré son attachement au quartier, Martine Marchal déménagera bientôt. « J’ai besoin de changer d’air. Si je reste à Strasbourg, j’essaierais d’habiter à Koenigshoffen. » Depuis 10 ans, elle s’est investie à plein temps à Hautepierre. D'abord comme bénévole pour Contact et Promotion où elle donne des cours d’alphabétisation deux fois par semaine, puis pour le Club sportif d’Hautepierre qu'elle a créé. Le terrain de foot est refait, les jeunes ne cassent plus de vitres en bas des immeubles. Son attachement au quartier est fort, Martine Marchal en défend les bons côtés : « C’est un quartier qui mérite de vivre. J’ai rencontré des gens formidables, du monde entier, c’est une richesse. Quand on amène les enfants à l’école, on crée des liens: c’est là que j’ai mangé du "chili con carne" pour la première fois. Ce sont ces petites anecdotes qui me marquaient. »

Besoins en commerces

Depuis quatre ans, Martine Marchal est salariée comme adulte-relais, elle fait le lien entre les habitants et la mairie. Ce qu’il faudrait améliorer ? « Il manque des commerces de proximité. La fermeture d’Atac a été une catastrophe. Auchan, c’est cher et loin. Des fois, je fais des courses pour les personnes âgées. » Et la violence ? « Lors des premiers feux en 1998, les habitants ne descendaient plus dans la rue. C’était un espace public occupé par les jeunes. Aujourd'hui les choses ont bougé, même s'il reste toujours des "incasables". » Abandonnera-t-elle son engagement associatif si elle déménage ? « Je ne lâcherai pas Hautepierre. Mais si chacun des 17 000 habitants consacrait un peu de temps à la vie commune du quartier, tout serait plus facile. »




Adrien Potocnjak-Vaillant - Anette Bender

lundi 3 novembre 2008

‘O Mass’, l’esprit de Hautepierre


Samedi 1er novembre à Hautepierre. Les rares magasins ont baissé leur rideau de fer en ce jour férié. Tous ? C’est sans compter sur le petit centre commercial de la maille Catherine. Là, un taxiphone et une boulangerie ont la lumière allumée. Les deux échoppes, seuls commerces situés au cœur du quartier, viennent d’être rejoints par un salon de thé qui a ouvert ses portes le matin même. Il y a plus de monde dehors que dans l'établissement. Le stand de viennoiserie est vide et les coussins des sièges sont encore dans leur housse plastique. Surplombant une vingtaine de tables, un écran plat, où la chaîne de télé Trace hurle les derniers clips R'n'B à la mode. Cyril sert les consommations, pendant que son employeur, et grand frère, Gabel Alexandre, dispute une partie de billard.

Entrepreneur dans le bâtiment, le jeune homme de 27 ans ne cesse de rentrer et de sortir du magasin. Il n’habite qu’à trois immeubles de sa boutique, va chercher des choses chez lui, prête les clés de sa voiture ou encore s’entretient avec le boulanger avec qui il s’est associé pour monter son affaire. « Je me suis réveillé à 13h30, alors je ne sais pas trop comment s’est passé ce premier jour. Mais mon petit frère, lui, il a fait l’ouverture à 7h. C’est surtout pour lui que j’ai créé le snack. C’est chez moi, mais c’est pas vraiment chez moi… »

Son projet est né d’un accord avec la mairie qui a pris en charge le gros œuvre, moyennant un prêt sans intérêt. « Il fallait un truc qui colle avec le quartier. Comme j’ai toujours traîné ici, sans jamais avoir de place assise,en ayant froid l’hiver, je me suis dit que c’est ce qu’il fallait. »

Le nom du snack, ‘O Mass’ semble exotique, et pourtant il n’est rien de plus local. L’expression provient du centre commercial qui abrite la boutique, où se trouvait auparavant un supermarché Suma, surnommé en verlan par les jeunes du quartier le ‘Mass’. « Avant on disait ‘au Mass’ pour dire qu’on traînait dans le coin, le Mass, maintenant c’est ici ! », affirme le gérant dans un sourire.

Ne pas tourner en saloon

Cigarette sur l’oreille et jogging gris ouvert sur un t-shirt Lacoste, Gabel envisage déjà de projeter les matches de foot sur l’écran plat qui domine toute la salle. « Surtout la Ligue turque ! ». Sans toutefois insister, il veut se laisser le temps : « Si je vois que ça me casse trop les couilles, qu’il y a du bruit, j’éteins. » Il a bien conscience des risques : « Il ne faut pas que ça devienne un saloon, où les gens viendraient avec leurs armes… Il suffit de montrer du respect pour avoir du respect en retour. C’est pour cette raison qu’on a fait les choses bien, un beau projet, avec un menuisier, et pas des vieilles tables et chaises pourries, parce que personne ne voudrait venir dans un vieux döner ! »

Un jeune homme, casquette vissée sur la tête et sac banane noir autour des hanches vient lui réclamer une nouvelle queue pour le jeu de billard. Après lui avoir reproché de l’interrompre, Gabel s’exécute et va chercher l’accessoire derrière le comptoir.

C’est qu’il veut que son snack soit agréable et se montre perfectionniste. De son point de vue, le projet est loin d’être achevé : il lui manque l’enseigne, une dalle dans le plafond d’où sortent les fils électriques, une serveuse à engager pour le service du matin. Pointilleux, mais sûr de lui : « C’est chez moi. Je suis né ici, j’ai grandi ici. Personne ne pouvait amener un projet mieux que le mien pour cet endroit. »

Anette Bender - Adrien Potocnjak-Vaillant - Amandine Schmitt

dimanche 2 novembre 2008

« Si on ne s’y plaisait pas, on serait parti »

Hautepierre, ce n’est, pour le reste de la France, que le terrain des voitures brûlées. Un projet ANRU est actuellement en concertation, afin de réhabiliter le quartier. Dans ce cadre, plusieurs immeubles devraient être rasés pour permettre la construction de nouvelles voies de circulation. Comment vit-on vraiment dans ce quartier dit défavorisé ? A la maille Jacqueline, rencontre avec les habitants privilégiés du bord de la maille, les plus proches du centre commercial, et ceux qui logent dans un immeuble qui devrait être détruit.

27 boulevard Dostoïevski

Immeuble à détruire selon ANRU

1er étage

Un collégien vient ouvrir la porte, vite rejoint par sa mère, qui lui demande régulièrement des traductions. D’origine marocaine, Mme Ghali, 34 ans, mère au foyer, s’occupe de ses cinq enfants. Elle vit à Hautepierre depuis sept ans, mais regrette son ancien appartement de la maille Catherine, qu’elle estime plus calme, où il n’y a « que des Alsaciens ». Elle se plaint des bruits de chauffage dans l’appartement et de la mauvaise isolation de la cage d’escalier : « Hier soir on a été réveillés par deux ados qui se disputaient à 1h30 du matin. » Mme Ghali sait que l’immeuble sera détruit si le projet ANRU est adopté, mais elle voudrait déménager dès maintenant.

3ème étage

Louisa Semili vit dans cet appartement depuis 24 ans avec son mari. Elle y a élevé ses trois enfants. Invalide, elle paye 270 euros de loyer et reçoit 160 euros d’APL pour son F3. Louisa Semili aimait ce quartier, mais explique que les choses ont changé. Sa voiture neuve a déjà été rayée et cabossée. « Pourquoi ? Je ne comprends pas ! » La quinquagénaire n’a jamais entendu parler du projet ANRU, jusqu’à aujourd’hui. « Ma voisine m’a appris ce matin que l’immeuble allait être détruit. Je ne sais même pas si on va être relogé, ni où ».

4ème étage


Le chien, un beau colley, aboie lourdement quand on sonne à la porte. Depuis 15 ans, Sylvie, mère au foyer, habite au même endroit avec ses cinq enfants et son mari. Elle se targue d’être parvenue à récupérer l’appartement d’en face pour transformer son logement en F8, il y a trois ans. Impliquée dans la vie du quartier - elle est bénévole au terrain de jeux et d’aventures -, Sylvie s’y sent parfaitement à l’aise. « J’ai le contact facile donc ça se passe bien. » Elle sait que ce n’est pas le cas partout : « Ma sœur habite dans un autre immeuble, là les jeunes fument et pissent dans l’escalier. » Pour Sylvie, la vie est douce à Hautepierre grâce à ses voisines, avec qui elle organise régulièrement des repas, notamment pour le ramadan. « Si on ne s’y plaisait pas, si on avait pas de bons voisins, on serait partis ».

5ème étage


Haffed Naouen, 31 ans, a grandi dans le quartier. Elle vit aujourd’hui à Molsheim avec son compagnon et son fils de 9 ans. Pour aider son père, elle est revenue quelque temps dans l’appartement de son enfance, mais dit être impatiente de repartir. La jeune femme confie avoir peur de sortir seule, même en plein jour. « Quand j’étais jeune, il y avait du respect, on était en sécurité. Aujourd’hui, quand ma sœur va chez une copine dans la maille d’à côté, elle nous appelle pour qu’on vienne la chercher. » Haffed Naouen, d’origine algérienne, mais née en France, regrette la stigmatisation du quartier: « Etre à Hautepierre, c’est être exclu. Pour que mon frère puisse trouver du travail, il a du mettre mon adresse de Molsheim. »





63 boulevard Dostoïevski

Immeuble sur le bord de la maille Jacqueline

Rez-de-chaussée


Mirsad Bilic vit avec sa femme dans un F3. Pour les vacances, il accueille son petit fils de 2 ans, Mikael. La famille vient de Bosnie où ils ont fui la guerre. Son français est hésitant, mais sa femme et lui travaillent tous les deux. « Mon contrat d’employé technique à l’hôpital se termine en février, on verra après. » Le couple apprécie le quartier et la proximité d’un centre commercial. « J’ai peur de la crise économique, c’est l’inflation qui entraîne la guerre. »


3ème étage


Un Marocain d’une trentaine d’années souriant ouvre sa porte. Akim N’gar est en France depuis 6 ans. « Un coup de foudre m’a fait quitter mon pays et mon travail au ministère de la Défense. » Séparé depuis un an et père d’un garçon de 3 ans, il est aujourd’hui vendeur chez Jennyfer. Akim N’gar aime son quartier, et n'envisage pas de le quitter. « La proximité du centre commercial est un atout, le seul point négatif à mes yeux concerne l’école. Les enfants de Hautepierre n’ont pas accès aux mêmes choses que les autres, par exemple, les aires de jeux sont dans un sale état. »

5ème étage


Martine Gangloff, une aide soignante de 28 ans ouvre sa porte, Jonathan, 3 mois, dans les bras. Elle aime son quartier, « c’est chez moi. » La jeune femme a grandi à Hautepierre, en est partie quand elle a eu son diplôme. « J’ai vécu deux ans à Cronenbourg, mais je suis revenue quand je me suis installée avec mon compagnon. » Un point noir pour la jeune maman : « Ca manque un peu d’aires de jeux, mais je n’y fais attention que depuis l’arrivée de Jonathan. »

6ème étage

« Quand j’ai emménagé ici, il y a 14 ans, je me suis dit, maintenant je peux vieillir. » Yvette Mathis, retraitée, s’appuie difficilement sur une béquille. Elle se sent bien dans son appartement au sommet de l’immeuble où personne « ne lui marche sur la tête ». Bien dans son appartement, mais aussi dans son quartier : « On a tout ici. Je suis à deux minutes d’Auchan, du marché, de l’église, de la bibliothèque… » Yvette participe aux ateliers couture proposés au Galet, comme au club cuisine où elle transmet son savoir aux plus jeunes. Elle joue aux cartes tous les mardis après-midi, et fait du bénévolat aux Restos du Cœur.