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mercredi 5 novembre 2008

Un médecin « Made in Hautepierre »



Médecin urgentiste et conseiller municipal, le parcours de cet iranien d'origine détonne dans un quartier où les longues études sont l'exception.

Syamak Aghababaï arrive en retard. S’installe et instantanément commande un “chilien”. C’est qu’entre son métier de médecin urgentiste - de 50 à 70 heures par semaine -, son mandat municipal et son engagement pour la candidature de Benoit Hamon au poste de premier secrétaire du PS, son temps libre est devenu une denrée rare. « Mais là c’est particulier, c’est parce qu’il y a le congrès qui arrive », tente-t-il de relativiser.
Petit, brun, trapu, dynamique, il pourrait être pris pour un latino-américain. Ce qui rend son parcours exceptionnel, c’est qu’il vit depuis 20 ans à Hautepierre. « C’est un quartier où il fait bon vivre, l’air est bon à respirer, il y a beaucoup d’espaces verts, » dit-il. La voiture de ses parents a tout de même été brûlée deux fois, les vitres cassées quatre fois. Lui-même n’a jamais eu de problèmes. « Une fois qu’on est connu, on est accepté. Mon intégration s’est faite surtout à travers mon frère, qui a été plus présent sur le quartier.»
Il est arrivé d’Iran à 12 ans dans les bagages de ses parents, qui ont choisi la France pour les “meilleures conditions d’études" qu’elle offrait à leurs enfants. Son frère est cadre à la SNCF, sa soeur juriste au Conseil de l’Europe. Les débuts des Aghababaï en France ont pourtant été difficiles. A cinq dans un studio, parents et enfants distribuaient les tracts publicitaires, “250 000 par semaine”, pour s’acheter une maison. De là, une famille soudée et une vraie culture du travail.

« Sans mes parents... »

S'il défend “sa fierté” d’avoir réussi en venant d’Hautepierre, il est conscient d’être privilégie par rapport à la majorité du quartier. Il est allé au collège à Koenigshoffen, puis au lycée des Pontonniers. Puis le “conditionnement” de sa grand-mère a porté ses fruits ; il s’est tourné vers la médecine. Alors, entre le temps à la bibliothèque et son engagement à l’Unef, l’essentiel de sa vie s’est fait hors du quartier.
Son positionnement à l’aile gauche du parti prend ses sources à Hautepierre. « Je n’oublie pas d’où je viens. Je suis en politique pour défendre ces gens-là. Le PS ne peut pas ne pas les défendre. » Il connait très peu d’autres étudiants du quartier qui ont réussi. « Le salaire moyen à Hautepierre est de 790 euros. Il n’y a pas de miracle. Le rôle des parents est prépondérant. » L’occasion de rendre hommage aux siens. « Sans leur insistance, je n’aurais pas fait ces études là. » Il passe un jour au centre-ville, l’autre à Hautepierre. « Là-bas, l’hôpital a un rôle de dispensaire, les gens viennent en consultation. Parfois les gens viennent me voir parce qu’ils me connaissent. » Pour Payam, son petit frère, Syamak est reconnu « de par son engagement. Quand il était interne, il a été infirmier à la prison de l’Elsau, notamment. » Alors, bien sûr, « il n’a pas passé sa vie au quartier. Mais ce n’est pas parce qu’il n’a pas tenu les tours qu’il n’est pas respecté. »

Anette Bender - Adrien Potocnjak-Vaillant

mardi 28 octobre 2008

Hautepierre : la carte


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En rouge, les immeubles qui devraient être détruits lors de la réalisation du projet ANRU.